Lors de l'inauguration de la Ruche Dauphinoise le 29 septembre 2016, Marc-David Choukroun, fondateur de "La Ruche qui dit Oui !", a accepté de répondre à nos questions: 

 

 

"Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et parlez-nous un peu de l’entreprise que vous avez créée?"

Je suis Marc-David Choukroun, co-fondateur et président de La Ruche Qui Dit Oui.

La Ruche Qui Dit Oui ! c’est une entreprise qu’on a lancé il y a 5 ans. Aujourd’hui c’est plus de 1000 communautés en France et dans 6 pays européens qui permettent de se regrouper pour acheter directement à des producteurs locaux à en moyenne une quarantaine de kilomètres autour de chez soi. On appelle ces communautés des ruches.

Le principe c’est que chaque semaine les personnes membres de la ruche peuvent commander des produits locaux et venir les récupérer lors d’une distribution.

Pour la Ruche de Dauphine pour commencer les distributions auront lieu toutes les deux semaines. C’est un cadre un peu plus original pour Dauphine car souvent pour les autres riches c’est toutes les semaines. A noter que c’est la quatrième ruche aujourd’hui qui ouvre dans le 16ème arrondissement.

 "Combien vous avez de ruches, de producteurs et de clients ?" 

Alors dans le réseau entier il y a plus de 5000 producteurs, sur 1000 ruches dont 800 qui sont en activité et plus de 200 en préparation. Ca représente plus de 150 000 clients dans l’année.

 

'Pourquoi avoir lancé la Ruche ? D’où vous est venue l’idée ?'

Le concept a commencé à voir le jour en 2009. Comme aujourd’hui, il y avait beaucoup de crises agricoles avec beaucoup de producteurs qui recherchaient des débouchés pour vendre en circuit court.

Il y avait une vraie attente des producteurs de retourner vers le circuit court pour maîtriser leur prix de vente et vendre leurs produits à des prix justes. Et de l’autre côté, on avait des consommateurs qui cherchaient à nouveau à retrouver des produits locaux, parce que c’était devenu quasiment impossible. Même quand on est à Paris et qu’on va sur les marchés, ce sont quasiment que des distributeurs qui viennent de Rungis. Pour trouver des vrais producteurs locaux, avoir de la traçabilité et trouver de bons produits, c’est très difficile. Donc c’est comme ça qu’on a eu l’idée.

L’idée de la ruche c’était de permettre aux producteurs de livrer en direct chaque personne. Or s’il n’y a pas un point de massification ou un regroupement des commandes, le producteur ne va pas se déplacer pour 2 salades et 2 kilos de tomates. Il y avait donc un réel besoin de créer un tel système de regroupement et on a donc mis en place cette dynamique communautaire. La Ruche Qui Dit Oui créée de la convivialité et permet de se retrouver autour du bien manger et de valeurs communes.

"Concernant les produits vendus, ils ne sont pas que issus de l’agriculture biologique?"

Alors non ce ne sont pas forcément des produits issus de l'agriculture biologique qui sont vendus. Dans le réseau il y a 30 à 40% de produits bio. C’est très difficile aujourd'hui d’être 100% bio et 100% local. Ensuite, les producteurs qui font du local, ce n’est pas de l’agriculture intensive, c’est du raisonné ou bien des producteurs en reconversion. En général, ça reste de la production de qualité. Et puis, il y a une vraie transparence donc les gens peuvent poser des questions s’ils veulent.

 

"Plus concrètement comme ça marche la Ruche?"

Il faut s’inscrire sur le site internet de sa Ruche, ça n’engage à rien. Ensuite chaque semaine, ou toutes les deux semaines pour Dauphine, les ventes ont lieu. On peut consulter sur le site les produits vendus, en choisir et payer en ligne. Ensuite on vient les récupérer dans sa ruche au moment de la distribution. Ici à Dauphine ce sera le jeudi de 17h à 19h toutes les deux semaines. 

 

"Quel avenir voyez-vous pour La Ruche dans 10/15 ans ?"

 On espère que ça va continuer à se développer. Nous voulions vraiment développer les circuits courts et pour cela nous avons apporté le numérique et le côté plateforme qui n’existait pas auparavant. L’idée c’est donc de montrer la voie, de montrer que les circuits courts se popularisent, qu’on peut toucher plus de monde et qu’on peut petit à petit grappiller des parts à la grande distribution et aller vers une meilleure agriculture et une meilleure distribution.

 

Un petit mot d’encouragement pour nos 4 étudiants dauphinois … 

Je suis sûr que ça va bien se passer! Ils vont découvrir plein de choses parce que c’est un projet où on apprend beaucoup en communication, en marketing, en promotion de ventes etc... Les clients dans les ruches, c’est comme partout: il faut faire attention à eux, il faut avoir une bonne qualité de service. Et le projet de la ruche fonctionne parce qu’il y a un rôle de responsable de ruche. Si on met que les producteurs en direct avec les consommateurs, ce n’est pas leur métier de vendre. On a donc besoin de cette personne là pour vraiment faire en sorte que ça fluidifie et que la ruche fonctionne bien !